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Visite
de Mailo, jumelé
avec Pontarlier
Région
de Doutchi
Début
novembre, nous sommes parties trois amies de LACIM pour Niamey. Il
fallait faire coïncider ce voyage avec la tournée d'inspection
de Janine BERLIER et de Mamane. Impossible en effet de se
débrouiller seules : la présence d'un guide traducteur se
révélant indispensable. Durant 3 jours nous les avons ainsi
accompagnés en brousse, de village en village.
L'arrivée
du "pickup" de LACIM est toujours annoncée de loin par
les cris de joie des enfants. En quelques minutes tout le village
se rassemble autour du véhicule. Le plaisir des retrouvailles
illumine les visage de ceux qui connaissent bien maintenant Janine
et Mamane. Curiosité à l'égard des nouvelles venues : les
petites mains noires tâtent nos mains et bras trop blancs! Il
arrive même que de jeunes enfants hurlent de frayeur en nous
apercevant...
Nous
nous arrêtons vers les puits, les écoles ou visitons l'épicerie
crée par LACIM. Parfois nous avons la chance de rencontrer
l'instituteur avec lequel nous pouvons échanger en français.
Pour les autres personnes, il faut passer par la traduction de
Mamane. Le français est la langue officielle du pays mais seuls
ceux qui sont allés à l'école le parlent.
Nous
voici enfin à MAILO où notre venue est annoncée depuis
longtemps. Première petite déception: le village est presque
désert… c'est jour de marché à la ville voisine de
DAN-KASSARI. Il faut savoir que le marché hebdomadaire ne se
manque sous aucun prétexte en Afrique. Il est important pour
chacun de gagner quelques pièces en vendant sa petite production
familiale. En fait, cela se révélera aussi une c h a n c e nous
permettant d ' a v o i r d e s échanges plus faciles et prol o n
g é s avec les personnes présentes.
Le
chef du village accompagné de quelques responsables nous
accueille dès notre arrivée. Ensuite arrive un groupe de femmes
avec leur présidente. Ce sont tous des gens assez âgés. En
Afrique on respecte la sagesse et l'expérience des anciens. La
communication s'établit par «empathie» et par gestes car aucun
ne parle notre langue.
Le
jeune pasteur et son épouse sont là. Leur présence est un atout
pour ce village qu'ils dynamisent par leur projets innovants:
alphabétisation des adultes, projet de garderiematernelle pour
les petits, maraîchage autour d'un marigot creusé
artificiellement. Nous nous attardons à l'école après la visite
d’un puits impressionnant. Plus de cinquante mètres de
profondeur. Il faut du temps et de l'énergie pour remonter la
puisette! Satisfaction de verser dans le seau une belle eau claire
et fraîche...
Puis
les femmes nous apportent des plats de fête : pintade, haricots,
pois, semoule… Le chef nous offre un boubou traditionnel en
coton tissé. Avant de quitter le village, les femmes nous font
part de leur désir de posséder une décortiqueuse à grains qui
les soulagerait d'un travail fastidieux.
Le
jour décline dès 17 heures et nous devons encore nous rendre au
village voisin de HOUDANMASSARI où notre second puits est en
cours d'achèvement. Notre arrivée semble surprendre à cette
heure tardive. Le puits est déjà utilisé bien que les buses et
les poulies ne soient pas encore en place. L'engin de levage
viendra lorsque les récoltes seront terminées.
Ainsi
se termine la première partie de notre séjour que nous
poursuivrons aux environs d'Agadez dans le massif de l'Aïr. Mais
ceci est une autre histoire!...
Si
le progrès s'installe dans les villes avec l'usage grandissant
d'internet et du téléphone portable, il est frappant, en
revanche, de constater que les villages continuent à vivre de
manière traditionnelle s'appuyant sur les habitudes ancestrales.
Nous avons pu observer la difficulté pour les zones isolées
d'accéder à l'éducation. L'alphabétisation, surtout celle des
femmes, apparaît clairement comme un priorité pour nos actions
futures.
Pour
toutes les 3, ce séjour de 2 semaines au Niger constitue une
belle expérience, pleine d'enseignements, d'humanité,
d'imprévus parfois. Nous avons vécu des moments pleins
d'émotions au cours de nos différentes rencontres.
Un
très grand merci à Mamane pour sa compétence et sa gentillesse.
Merci surtout à Janine qui a su nous communiquer son attachement
et sa générosité pour ce pays et sans qui ce voyage n'aurait pu
se faire.
novembre
2006, Françoise PREBANDIER, Chantal CHARMOZ, Nelly DURAND,
Pontarlier (25).
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