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3ème voyage en Équateur: Comité du Mans
En novembre 2007 nous rendons visite à notre jumeau équatorien de Riobamba. C’est notre 3ème voyage en Équateur depuis 1992 .
Ernesto
et Ana nous emmènent à Pachanillay.
En chemin ils nous racontent comment, lors de l’éruption du Tugunrahua en
août, Riobamba s’est retrouvé sous une bonne dizaine de centimètres de
cendres, sans qu’on puisse distinguer le jour de la nuit et comment il a fallu
tout nettoyer et porter des masques pendant plusieurs jours. Nous montons par
une route empierrée, difficile. Très vite nous voyons les gros tas de cendres
sur les bas-côtés, les eucalyptus au feuillage jauni par la chaleur. De
grandes flèches fluorescentes indiquent le chemin à suivre lors d’une
éventuelle prochaîne éruption. Plus nous montons, plus la végétation est
grise, sèche. A Pachanillay nous rencontrons d’abord Beatriz, l’une
des responsables de la communauté qui nous montre l’état des lieux et nous
explique ce qui s’est passé. Une énorme coulée de lave est descendue du
volcan, creusant une large et profonde tranchée, emportant tout sur son
passage, jusqu’au pont au fond de la vallée dont il ne reste que quelques
pierres. Sur l’autre versant un village a entièrement disparu (fort
heureusement évacué à temps). De ce côté, des morceaux d’habitation, des Ernesto a demandé aux villageois de préparer par petits groupes des portions de champs cultivables. Il répartit, le plus équitablement possible, entre les groupes, les graines de luzerne qu’il a apportées. Avec le premier groupe, il va ensuite mettre en pratique, expliquer et montrer avec beaucoup de pédagogie, les techniques de cultures simples mais les mieux appropriées à une pousse rapide et abondante du fourrage. Tous sont attentifs et travaillent dans la bonne humeur. Et nous, qui n’avons rien fait qu’être là et parler un peu d’eux à LACIM, nous sommes accueillies avec une indicible gentillesse. C’est comme si nous
représentions à nous seules l’aide qui leur est apportée. Partout en Équateur, nous avons eu droit à cette reconnaissance pour l’aide apportée par LACIM qui jamais n’est considérée comme un dû mais suscite joie et affection. Nous en sommes les bénéficiaires, heureuses et très émues. Pour se protéger du Tungurahua, avec l’argent de LACIM et les précieux conseils d’Ernesto, les villageois de Pachanillay ont beaucoup entrepris: des cultures hors sol à l’abri dans de grands hangars, des mangeoires couvertes pour le bétail ; tout cela avec méthode et détermination. Depuis notre retour, le courrier du CEAS nous montre que malheureusement ces précautions sont loin d’être inutiles puisque le Tungurahua est toujours très actif, destructeur, et que le pire est toujours à craindre. Nous n’avons malheureusement pas pu aller à Utuñag, l’autre village victime des éruptions et pour lequel le CEAS a aussi demandé notre aide. La route n’étant pas encore dégagée, il aurait fallu faire un très grand détour et nos amis économisent l’essence et leur véhicule, le seul qui leur reste et qui demande des ménagements. Mais ils n’économisent pas leur temps ni leur dévouement et nous avons passé encore avec eux des moments très amicaux qui nous ont fait chaud au cœur. Nous revenons ensuite pour la 3ème
fois dans la province de Karchi retrouver Vilma que nous connaissons depuis plus
de 20 ans. Pour son premier poste d’institutrice, dans une petite communauté
isolée de montagne elle avait fait appel à LACIM. Puis nous l’avons soutenue
à Santa Ana, village habité par des noirs, population la plus marginalisée en
Équateur. Au bout de 7 ans, grâce au dynamisme de Vilma et à l’aide de
LACIM, les classes avaient retrouvé de la couleur, les fenêtres leurs vitres.
Les enseignants pouvaient utiliser un peu de matériel didactique, il y avait
des latrines et une douche à l’école et plusieurs points d’eau dans le
village. Le téléphone installé sortait les habitants de leur isolement et
sauvait des vies. Un four à pain et un potager gérés par les enseignants
permettaient à l’école de faire quelques bénéfices et de devenir
autonome ! Une correspondance enrichissante pour Nous avions alors pris en charge la communauté indienne de El Retén dans le Chimborazo, par l’intermédiaire du C.E.A.S. En 2000, nous avions trouvé Vilma désespérée par la situation de son école qu’on appelait dans la ville « l’école des pauvres ». Cette année nous la retrouvons à El Angel avec le sourire, pleine d’enthousiasme et de projets. Avec les enfants, elle est toute fière de son école repeinte à neuf. Des postes informatiques achetés avec l’aide de LACIM leur permettent de s’ouvrir sur le monde. Il reste beaucoup à faire: matériel scolaire insuffisant, enfants mal nourris ...mais tant de bonne volonté fait plaisir à voir et donne confiance dans l’avenir. Nadette JEAN et Monique TENDEL, Comité du MANS (72) . L’Équateur Petit pays d’Amérique du sud, grand comme la moitié de la France, traversé au nord par l’équateur qui lui a donné son nom. Il est caractérisé par 3 zones géographiques bien différentes : - la plaine côtière qui borde le Pacifique, tropicale, chaude et humide, lieu de culture de la banane. - la région andine qui traverse tout le pays, hérissée de très hauts volcans parfois encore actifs (Le Chimborazo 6310 m, le Cotopaxi 5897 m, le Tungurahua 5016 m…) - la zone amazonienne à l’est, avec sa forêt et ses réserves de pétrole.
Les Galápagos, archipel à 1000 km de la côte, préservent encore une biodiversité exceptionnelle, malgré les menaces que font peser sur elle le tourisme et une forte immigration.
La population de 13 000 000 hab. concentrée à 63% dans les villes (Quito : 1 400 000 hab. - Guayaquil : 2 000 000 hab.), se compose pour l’essentiel de 45% d’Indiens, 40% de métis, 8% de blancs, 6% de noirs issus de l’esclavage. Fin 2000, sous prétexte de stabilisation, le dollar a remplacé la monnaie nationale, le "sucre ", freinant sans doute un peu l’inflation mais accentuant encore l’écart entre les pauvres, des Indiens surtout, et les riches détenteurs du pouvoir. Actuellement on considère que 65% de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté, le pouvoir d’achat étant devenu le plus bas d’Amérique du sud.
Depuis la fin des années 90, le pays est en proie à une grande instabilité gouvernementale. En novembre 2006, les électeurs de gauche viennent de porter au pouvoir Rafael Correa, proche d’Hugo Chavez et qui semble bien décidé à faire progresser son pays dans la bataille pour la démocratie et contre les inégalités. Espérons !
En 20 ans le pétrole est devenu le premier produit exporté par l’Équateur mais il est très souvent exploité par des compagnies étrangères qui créent de graves dommages à la forêt amazonienne et aux Indiens qui tentent d’y survivre. La culture des bananes, second produit exporté, est, elle aussi aux mains de compagnies américaines qui exploitent sans vergogne une main d’œuvre sans moyens de défense. Actuellement, le café, le cacao, les fleurs, le tourisme permettent l’entrée de quelques devises. Mais la dette extérieure reste considérable.
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