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Impressions
de voyage par une adhérente de base qui ne connaissait les
réalisations de LACIM que par des films ou des photos ! Pour notre
correspondante habituelle, Anne-Marie BIER qui va là-bas 2 fois par an
en tant que chargée de mission pour visiter les sites dans la région
de GAO, c’était un voyage normal, sans surprise, mais pour moi qui
découvrais à la fois le pays et ce que sont les jumelages, ce fut une
première qui ne me donne qu’une envie : c’est de continuer à
participer financièrement et peut-être d’y retourner. Pourquoi ? c’est
ce que je vais essayer de faire comprendre à tous ceux qui ne sont
jamais allés voir sur place ce qui est réalisé avec leur don, même
modeste.
Tout
d’abord, il faut rappeler la situation de la région où nous étions
: au Nord du MALI, vivent des Touaregs, éleveurs de troupeaux de vaches
, de moutons, de chèvres. Ils sont nomades mais pour des raisons à la
fois économiques et politiques, ils sont obligés de se
sédentariser.
Depuis
plusieurs années déjà, ils se sont installés dans des sites où il y
avait si possible de l’eau, mais pas toujours et de toute façon pas
en permanence, et en étant assez éloignés les uns des autres.
LACIM
les aide à améliorer cette installation en contribuant à différentes
réalisations :
-
creusement de puits,
-
construction de magasins communautaires avec fourniture du premier stock
de céréales et de produits de première nécessité,
avec formation du gérant,
-
construction d’écoles, de logements pour les instituteurs, achat de
matériel scolaire, création de cantines,
-
organisation de microcrédits pour les femmes,
-
créations de périmètres maraîchers,
-
alphabétisation .
Tout
cela, je l’ai vu. Dans chaque site que nous avons visité, nous avons
fait le point sur ce qui était réalisé et ce qui reste à faire. Les
habitants exprimaient leurs souhaits et une décision a été souvent
prise quant au projet suivant. LACIM n’impose pas les
réalisations, elle aide, si c’est prévu dans le projet
quinquennal de la commune.
Mais,
on ne se sédentarise pas facilement. Ismaril, notre permanent
responsable du secteur, nous a expliqué que les Touaregs partent
quelques mois à la saison des pluies pour profiter au maximum de l’herbe
nouvelle pour leurs troupeaux. Pendant leur absence, le site est vide et
quand ils reviennent, la pluie a abîmé les toits et il faut réparer.
Ce n’est pas dans leurs habitudes. Souvent, Anne Marie a répété que
LACIM aidait à la construction mais que c’était à eux ensuite d’entretenir.
Passer
de site en site pourrait sembler un peu monotone, ce n’est pas le cas.
J’ai envie de raconter la visite d’un de ces endroits paisibles, à
l’écart de tout : INKIDIMANE.
A
environ 160 km de GAO, après des heures de voiture sur des pistes tout
juste carrossables, nous arrivons près d’une «mare» (nous dirions
plutôt un lac); c’est le soir, il fait un peu moins chaud, un abri de
branchages a été construit pour notre coucher près d’un arbre qui
fournit un grand ombrage. Tout à coté, une mosquée accueillera les
hommes pour la prière. Nous avons le temps, avant la nuit qui tombe à
18 heures, d’aller voir quelques habitations à proximité. Là,
chacun s’active à la cuisine, à la traite des vaches et tout
continue dans l’obscurité ensuite, sans bruit.
Le
repas composé de viande, de riz, de mil, nous est servi et nous
choisissons de dormir à la belle étoile, à la lumière de «Talit»
(la lune en langue Tamachek). Dés 6 h, le jour se lève, les
troupeaux viennent boire au bord du lac et, dans le calme d’un nouveau
matin, les habitants, hommes, femmes et enfants, arrivent pour
participer à la réunion. Des femmes ont suivi la formation sur l’alphabétisation,
elles expliquent qu’elles arrivent à lire maintenant les numéros des
chaussures pour les acheter; elles sont sensibilisées à la nécessité
de la propreté des enfants et des habitations.
Puis
débute la mise en place du micro-crédit. Ismaril, qui est déjà venu
l’organiser, en ré explique le principe. Il nomme ensuite les 15
femmes qui en profiteront pendant 6 mois. A l’appel de leur nom,
chaque femme se lève avec une grande dignité, vient chercher la liasse
de 50 000 CFA (environ 80 €) et signe sur le cahier, souvent de la
marque de leur troupeau. Pendant 6 mois, chacune fera fructifier cet
argent de la manière dont elle voudra : ce pourra être l’engraissement
d’ovins, la fabrication d’objets, etc.
Au
bout de 6 mois, elle devra redonner 53000 FCFA; la somme prêtée
servira pour d’autres et l’intérêt sera mis en commun pour achat
choisi par le groupe des femmes; par exemple, à WALET INJAGHAL,
elles ont acheté des ardoises pour les enfants. Après la réunion,
nous quittons avec un peu de regret cet endroit si calme mais chaque
site suivant nous fera découvrir d’autres réalités.
Annie
DESROCHES, comité de Macon (71). |