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page mise à jour le:

06/10/2008

 

 

Découverte du Mali en pays touareg

 

19 novembre au 3 décembre 2007

 

 

 

 

 

Impressions de voyage par une adhérente de base qui ne connaissait les réalisations de LACIM que par des films ou des photos ! Pour notre correspondante habituelle, Anne-Marie BIER qui va là-bas 2 fois par an en tant que chargée de mission pour visiter les sites dans la région de GAO, c’était un voyage normal, sans surprise, mais pour moi qui découvrais à la fois le pays et ce que sont les jumelages, ce fut une première qui ne me donne qu’une envie : c’est de continuer à participer financièrement et peut-être d’y retourner. Pourquoi ? c’est ce que je vais essayer de faire comprendre à tous ceux qui ne sont jamais allés voir sur place ce qui est réalisé avec leur don, même modeste.

 

Tout d’abord, il faut rappeler la situation de la région où nous étions : au Nord du MALI, vivent des Touaregs, éleveurs de troupeaux de vaches , de moutons, de chèvres. Ils sont nomades mais pour des raisons à la fois économiques et politiques, ils sont obligés de se sédentariser. 

Depuis plusieurs années déjà, ils se sont installés dans des sites où il y avait si possible de l’eau, mais pas toujours et de toute façon pas en permanence, et en étant assez éloignés les uns des autres. 

LACIM les aide à améliorer cette installation en contribuant à différentes réalisations :

 - creusement de puits,

 - construction de magasins communautaires avec fourniture du premier stock de céréales et de produits de première nécessité,    avec formation du gérant, 

- construction d’écoles, de logements pour les instituteurs, achat de matériel scolaire, création de cantines, 

- organisation de microcrédits pour les femmes, 

- créations de périmètres maraîchers, 

- alphabétisation .

Tout cela, je l’ai vu. Dans chaque site que nous avons visité, nous avons fait le point sur ce qui était réalisé et ce qui reste à faire. Les habitants exprimaient leurs souhaits et une décision a été souvent prise quant au projet suivant. LACIM n’impose pas les réalisations, elle aide, si c’est prévu dans le projet quinquennal de la commune. 

Mais, on ne se sédentarise pas facilement. Ismaril, notre permanent responsable du secteur, nous a expliqué que les Touaregs partent quelques mois à la saison des pluies pour profiter au maximum de l’herbe nouvelle pour leurs troupeaux. Pendant leur absence, le site est vide et quand ils reviennent, la pluie a abîmé les toits et il faut réparer. Ce n’est pas dans leurs habitudes. Souvent, Anne Marie a répété que LACIM aidait à la construction mais que c’était à eux ensuite d’entretenir

Passer de site en site pourrait sembler un peu monotone, ce n’est pas le cas. J’ai envie de raconter la visite d’un de ces endroits paisibles, à l’écart de tout : INKIDIMANE

A environ 160 km de GAO, après des heures de voiture sur des pistes tout juste carrossables, nous arrivons près d’une «mare» (nous dirions plutôt un lac); c’est le soir, il fait un peu moins chaud, un abri de branchages a été construit pour notre coucher près d’un arbre qui fournit un grand ombrage. Tout à coté, une mosquée accueillera les hommes pour la prière. Nous avons le temps, avant la nuit qui tombe à 18 heures, d’aller voir quelques habitations à proximité. Là, chacun s’active à la cuisine, à la traite des vaches et tout continue dans l’obscurité ensuite, sans bruit. 

Le repas composé de viande, de riz, de mil, nous est servi et nous choisissons de dormir à la belle étoile, à la lumière de «Talit» (la lune en langue Tamachek). Dés 6 h, le jour se lève, les troupeaux viennent boire au bord du lac et, dans le calme d’un nouveau matin, les habitants, hommes, femmes et enfants, arrivent pour participer à la réunion. Des femmes ont suivi la formation sur l’alphabétisation, elles expliquent qu’elles arrivent à lire maintenant les numéros des chaussures pour les acheter; elles sont sensibilisées à la nécessité de la propreté des enfants et des habitations. 

Puis débute la mise en place du micro-crédit. Ismaril, qui est déjà venu l’organiser, en ré explique le principe. Il nomme ensuite les 15 femmes qui en profiteront pendant 6 mois. A l’appel de leur nom, chaque femme se lève avec une grande dignité, vient chercher la liasse de 50 000 CFA (environ 80 €) et signe sur le cahier, souvent de la marque de leur troupeau. Pendant 6 mois, chacune fera fructifier cet argent de la manière dont elle voudra : ce pourra être l’engraissement d’ovins, la fabrication d’objets, etc. 

Au bout de 6 mois, elle devra redonner 53000 FCFA; la somme prêtée servira pour d’autres et l’intérêt sera mis en commun pour achat choisi par le groupe des femmes; par exemple, à WALET INJAGHAL, elles ont acheté des ardoises pour les enfants. Après la réunion, nous quittons avec un peu de regret cet endroit si calme mais chaque site suivant nous fera découvrir d’autres réalités. 

 

Annie DESROCHES, comité de Macon (71).

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