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06/10/2008

 

Le kollam : un art ancien du sud de l'Inde

A l'origine, dans les villages aux chemins terreux, les femmes protégeaient leurs maisons de la poussière en enduisant le seuil de l'entrée d'un mélange d'eau, de terre et de bouse de vache, sur lequel elles traçaient un dessin à l'aide de poudre de riz. Celui-ci, attirant l'œil, permettait sans doute de protéger le travail accompli, pendant la durée du séchage.

Ce rituel matinal est devenu tout un art dont les formes sont chargées de significations historiques, mythologiques et religieuses. Autrefois réalisé avec de la farine de riz, le kollam servait de nourriture aux fourmis ou autres insectes, dans un esprit de partage (et peut-être pour les empêcher de pénétrer dans la maison!). Aujourd'hui, il est exécuté avec des poudres minérales ou synthétiques (chaux blanche ou parfois colorée) mais la tradition hindoue demeure (la poudre de riz est parfois encore utilisée lors des grandes occasions comme les mariages).

Chaque matin, même dans les maisons les plus modestes, les jeunes filles ou les femmes, après avoir fait leur toilette, tracent des motifs géométriques ou figuratifs (fleurs, animaux, plantes,…) en faisant glisser la poudre entre le pouce et l'index sur le sol fraîchement lavé. Dans les villes où sont vendus des catalogues de motifs, ceux-ci perdent de leur fraîcheur et de leur force symbolique.

Le kollam relève du spirituel et il est dangereux d'enfreindre certaines règles : signe béni, il peut aussi être un geste de malédiction. Ces dessins sont tracés principalement pour assurer la protection et la prospérité de la maison et gardent un caractère éphémère. Eviter de marcher dessus pour le protéger serait une erreur car c'est le premier cadeau fait à l'invité, aussi fugace que le collier de fleurs ou la pâte de santal. On en trouve aussi à l'intérieur des maisons, notamment lors de fêtes ou mariages (ou devant l'autel familial). Les dessins sont alors plus grands, plus beaux, plus colorés, soumis à des règles de protection rituelle et tracés à l'heure faste. En période de deuil, les kollams ne sont pas exécutés.

Au mois de Margali (15 décembre - 15 janvier), dans le Tamil Nadu, on place en leur centre, une boulette de bouse de vache ornée d'une fleur de potiron. Les Tamouls glorifient ainsi la terre sur laquelle ils vivent.

Appelé Kollam en pays tamoul, ces dessins portent le nom de Moggou pour les Télougous, Alpana pour les Bengalis, Aripana au Bihar,…

 

Si vous voulez voir exécuter ces kollams et admirer la dextérité de ces "artistes", vous devrez vous lever tôt car c'est le premier travail quotidien de la femme indienne…

 

Hélène Pouilly

 Sources : "99 réponses sur l'Inde" / CRDP et Guide bleu de l'Inde du Sud.  

 

    

Femme au travail

(photo Hélène Pouilly)

 

Un dessin de kollam

(photo Hélène Pouilly)

 

 

 

 

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