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Le
kollam : un art ancien du sud de l'Inde |
A
l'origine, dans les villages aux chemins terreux, les femmes protégeaient
leurs maisons de la poussière en enduisant le seuil de l'entrée
d'un mélange d'eau, de terre et de bouse de vache, sur lequel
elles traçaient un dessin à l'aide de poudre de riz. Celui-ci,
attirant l'œil, permettait sans doute de protéger le travail
accompli, pendant la durée du séchage.
Ce
rituel matinal est devenu tout un art dont les formes sont chargées
de significations historiques, mythologiques et religieuses.
Autrefois réalisé avec de la farine de riz, le kollam servait de
nourriture aux fourmis ou autres insectes, dans un esprit de
partage (et peut-être pour les empêcher de pénétrer dans la
maison!). Aujourd'hui, il est exécuté avec des poudres minérales
ou synthétiques (chaux blanche ou parfois colorée) mais la
tradition hindoue demeure (la poudre de riz est parfois encore
utilisée lors des grandes occasions comme les mariages).
Chaque
matin, même dans les maisons les plus modestes, les jeunes filles
ou les femmes, après avoir fait leur toilette, tracent des motifs
géométriques ou figuratifs (fleurs, animaux, plantes,…) en
faisant glisser la poudre entre le pouce et l'index sur le sol fraîchement
lavé. Dans les villes où sont vendus des catalogues de motifs,
ceux-ci perdent de leur fraîcheur et de leur force symbolique.
Le
kollam relève du spirituel et il est dangereux d'enfreindre
certaines règles : signe béni, il peut aussi être un geste de
malédiction. Ces dessins sont tracés principalement pour assurer
la protection et la prospérité de la maison et gardent un caractère
éphémère. Eviter de marcher dessus pour le protéger serait une
erreur car c'est le premier cadeau fait à l'invité, aussi fugace
que le collier de fleurs ou la pâte de santal. On en trouve aussi
à l'intérieur des maisons, notamment lors de fêtes ou mariages
(ou devant l'autel familial). Les dessins sont alors plus grands,
plus beaux, plus colorés, soumis à des règles de protection
rituelle et tracés à l'heure faste. En période de deuil, les
kollams ne sont pas exécutés.
Au
mois de Margali (15 décembre - 15 janvier), dans le Tamil Nadu,
on place en leur centre, une boulette de bouse de vache ornée
d'une fleur de potiron. Les Tamouls glorifient ainsi la terre sur
laquelle ils vivent.
Appelé
Kollam en pays tamoul, ces dessins portent le nom de Moggou pour
les Télougous, Alpana pour les Bengalis, Aripana au Bihar,…
Si
vous voulez voir exécuter ces kollams et admirer la dextérité
de ces "artistes", vous devrez vous lever tôt car c'est
le premier travail quotidien de la femme indienne…
Hélène
Pouilly
Sources : "99 réponses sur
l'Inde" / CRDP et Guide bleu de l'Inde du Sud.
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Femme
au travail
(photo
Hélène
Pouilly)

Un
dessin de kollam
(photo
Hélène
Pouilly)
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