Visite de jumeau au Mali

La visite d’un jumeau, une expérience humaine intense

 

Lors de son assemblée générale en 2017, le Comité de Villard de Lans avait décidé de rendre visite à ses trois jumeaux maliens Djoko, Kabana et Tienkoulou situés dans la zone de Kolokani. Le dernier voyage remontait à 2008.

 

 Cette visite a eu lieu en décembre 2017 sur 4 jours et a été organisée avec l’aide précieuse de Niantigui Dembélé et Yoro Haïdara.Pour deux des villages, l’accueil a été très chaleureux : chants des enfants, danses traditionnelles, repas festifs avec poulet, haricots blancs ou pâtes et fruits locaux.

Accueil des amies françaises par les élèves et la maîtresse de l’école de Kabana

 

A Djoko, jumelé depuis 2016, les villageois rassemblés en un immense cercle, nous accueillent en chantant « Lacim Djoko ». La cérémonie se poursuit avec un discours et l’échange de cadeaux : nous offrons sac de sel et noix de cola et nous recevons un bouc, un coq et trois poules ! Le lendemain à Kabana, jumelé avec Villard depuis 2011 et où de nombreuses réalisations ont été faites, l’accueil sera tout aussi joyeux : les enfants rassemblés devant l’école agitent des drapeaux maliens et des drapeaux français fabriqués avec du bambou et du papier colorié et chantent « Bienvenue aux blancs ». Les agriculteurs très fiers de leurs récoltes nous offrent oranges, concombres, pamplemousses, manioc, citrons, papayes et, bien sûr, un bouc, un coq et des poules.

 

 

Echange de cadeaux

Tienkoulou, premier jumeau depuis 2005, n’avait pas organisé notre arrivée bien qu’informé en amont par nos permanents. Ce village, à cause de différends dans la gestion de la banque de céréales et de grosses tensions entre hameaux, n’a pas évolué comme les réalisations auraient permis de l’espérer (construction d’une banque de céréales, achat d’un moulin à grains, construction d’un puits à grand diamètre, aide à l’alphabétisation et à la scolarisation). Malgré les interventions répétées d’André Josse, les villageois n’ont pas mutualisé leurs efforts pour profiter de l’élan apporté par LACIM.

Cours de danse africaine

Nous avons visité les écoles. Bien qu’en week-end, les enfants étaient présents pour nous accueillir. Une rencontre avec les femmes du village de Kabana a été un des moments forts de ce voyage grâce à la présence de Myriam, institutrice parlant parfaitement le français. Ce « tête à tête » entre femmes leur a permis d’évoquer certaines difficultés, les nombreuses grossesses (de 4 à 9 enfants par femme) qu’elles aimeraient pouvoir réguler, faire accepter la contraception à leur mari (elles prennent la pilule à leur insu). Elles ont aussi souhaité une maternité de proximité et avoir toutes accès à l’alphabétisation. Des temps d’échanges ont eu lieu avec les hommes autour des réalisations collectives ou individuelles dans le domaine du maraîchage et de l’irrigation.

 

 

Entretien avec l’instituteur

Ces visites ont été pour les villageois comme pour nous la concrétisation de notre lien. Elles ont mobilisé notre comité plus que jamais pour faire avancer les projets et collecter des fonds. Interpellé par la situation des 117 enfants de Djoko qui étudient sous une paillotte, le comité a pris l’engagement de construire deux salles de classe pour la rentrée scolaire 2018 et pour cela a fait un appel aux dons.

Depuis cette visite, le village de Tienkoulou s’est remobilisé. Il nous a écrit alors que nous n’avions reçu aucun courrier depuis plusieurs années et il a reconstruit la maison du chef du village effondrée depuis la saison des pluies.

 

Cette visite a été une expérience humaine intense. Nous sommes aujourd’hui persuadés qu’il est indispensable de rencontrer les habitants de nos villages jumeaux régulièrement et plus souvent pour matérialiser l’existence des comités et les faire vivre plus activement.

Merci à nos permanents qui nous ont accompagnées partout : dans les villages où ils ont fait le lien avec les villageois, à Bamako pour nous présenter la direction de GAE Sahel, au marché et dans une boutique pour  acheter de l’artisanat malien  que nous avons revendu au profit de LACIM.

Sylvie ROCHAS et Marie-Françoise GIRARD-BLANC, comité de Villard de Lans (38)