Madagascar un an après

L’an dernier en mai, lors de ma mission avec l’association Razanamanga, notre partenaire, nous avions visité Madiolamba, le premier village malgache aidé jumelé avec La Cula Génilac ainsi que des villages qui avaient demandé un soutien à LACIM. Ces visites nous avaient confortés dans notre décision de développer une aide à Madagascar.

Durant le reste de l’année 2016, 7 nouveaux jumelages ont débuté, souvent avec le creusement d’un puits d’eau potable réalisé en partie par les habitants afin de juger de leur motivation. Devant les bons résultats obtenus, d’autres projets vont suivre, certains propres à chaque village et surtout la construction d’écoles.

Puits de Manakana commune de Mananjari

Puits de Manakana commune de Mananjari

Notre mission de mai 2017 nous a permis de découvrir, face aux réalisations, des problèmes auxquels nous n’avions pas pensé : l’ignorance du simple fonctionnement d’une pompe à eau ou l’absence complète de matériel de réparation.

Avec l’aide de Michel Naets, le président de Razanamanga, il est prévu de remédier à ces problèmes en fournissant un matériel de base pour les réparations avec formation d’un responsable à l’appui. Il est aussi prévu de vérifier le bon fonctionnement du versement d’une somme modeste par famille pour payer les petites réparations des puits, des écoles, barrages, etc. Nous allons insister aussi avec les écoles sur la création de jardins pédagogiques afin que les enfants découvrent et apprennent à cultiver, hors le riz, des légumes pour varier l’alimentation et diminuer ainsi les carences alimentaires. D’autres idées ou projets sont en cours d’essai et pourraient être généralisés en cas de succès : l’élevage de poules pondeuses, le compostage, la centralisation du ramassage des récoltes…

Nous avons malheureusement des problèmes pour la correspondance car, en brousse, les gens ignorent l’usage du courrier et encore
plus de l’internet et ne parlent pas le français. Même les instituteurs le parlent mal alors qu’ils devraient le connaître, mais leur
niveau de formation est faible, c’est un problème.

Un point noir sera celui de la santé qui dépend plus du gouvernement et des mentalités que des humanitaires. Dans cette zone, le paludisme dans sa version mortelle est fréquent.

Nous allons tout faire néanmoins pour aider ces populations rurales à se développer.

Robert POMPEY,
chargé de mission à Madagascar ■

Impressions sur Madagascar

J’ai eu la chance d’accompagner Robert Pompey dans sa mission qui était de visiter les premières réalisations financées par LACIM dans ce pays depuis 2015 et aussi de prendre note des projets sollicités par les villages alentour très demandeurs.

Ce fut un voyage d’une grande richesse, tant par la découverte d’une nature de toute beauté que par l’accueil qui nous fut réservé. La région du sud-est du pays concernée est difficile d’accès, en voiture d’abord puis pirogue et marche à pied incontournables pour rejoindre la zone d’intervention autour de Fiadanana, cheflieu de quelques milliers d’habitants.

De là, nous avons visité en étoile les différents villages jumelés ou en voie de jumelage en parcourant des sentiers de montagne escarpés dans une superbe nature prolifique : des cultures de riz dans les bas-fonds ou en terrasse, des caféiers, poivriers, de la vanille, des cacaoyers et de beaux troupeaux de zébus… Et pour pimenter notre mission, nous avons eu droit à de fortes pluies à répétition rendant la marche sportive et le franchissement des rivières acrobatique pendant les 2 à 3 h nécessaires pour rejoindre les villages.

L’accueil fut bien facilité par la présence sur place de Michel Naets dont la grandmère malgache est originaire des environs de Fiadanana. Très Investi dans l’ONG « Razanamanga » depuis des années, il passe 3 mois par an dans cette région pour la mise en oeuvre de projets de développement, avec une éthique très proche de celle de LACIM. Aussi ce partenariat est-il idéal pour nous : Michel Naets a une forte légitimité locale de par ses origines et son expérience du terrain.

C’est une belle opportunité qui se présente à nous par ce biais-là pour faire un travail utile dans ce pays sans générer de frais rédhibitoires. Rappelons que là, un puits coûte entre 1000 et 1500 € et une école environ 4000 €. Et les besoins sont essentiels dans cette région déshéritée.

Guy MICHEL,
membre du CA et du comité d’Eveux
l’Arbresle & Ouest lyonnais (69) ■

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