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page mise à jour le:

06/10/2008

 

Mission au MALI : un périple de 4500 Km
18 janvier - 17 février 2004

Caractéristiques de cette zone autour de la boucle du Niger :
- présence d'ethnies différentes, Peuls, Bozos, Dogons, Panas :
- isolement très long dû aux crues du Niger et du Bani pour des villages des cercles de Ténénkou et de Djenné dont la principale ressource est le riz (accès possible seulement entre mi-janvier et mi-mai),
- éloignement des grands centres du Mali pour les villages du Panadougou dont certains ont tendance à se tourner vers le Burkina-Faso pour les problèmes de santé ou d'approvisionnement,
- accès difficile pour les deux villages restant jumelés dans les cercles de Douentza et de Bandiagara.

L'année dernière j'ai accepté de prendre la responsabilité du suivi de la région de Mopti et de visiter les 26 villages soutenus par LACIM dans les cercles de Ténenkou, Djenné, Douentza, Bandiagara, Bankass et Koro. J'ai réussi à en visiter 25; c'était une première pour certains de ces villages.

Mon périple a commencé à Gao où j'ai rejoint Niantigui Dembélé un de nos permanents maliens que je connaissais déjà. Nous sommes partis rapidement pour Douentza situé à 400 km. Long parcours qui nous fait traverser de longues plaines avant d'arriver dans la région où se situe le Mont Hombori, point culminant du pays avec à 1155m.
La visite du village de Samanguiraye m'a fait découvrir de longues pistes de sable et l'isolement de ce jumeau. Il a fallu 5h30 pour effectuer les 230 km aller-retour. De nombreuses mares ou des bras du fleuve sont utilisés par les habitants pour boire. La création d'un nouveau puits (l'ancien s'est effondré) s'avère une nécessité vitale pour le village. Une campagne de vaccination anti-tétanique pour les femmes était en cours.
Départ pour Sal un village sur la falaise du pays Dogon. Pas de sable, mais des cailloux ou des rochers sur les 45 km qui séparent Bandiagara de Sal, 2h avec un 4x4 ! Village surprenant qui construit ses maisons avec la pierre, très présente dans la région.
Puis nous allons vers Pomorododiou par Bankass par une route peu agréable en latérite; les pistes de traverse vers le Panadougou ne sont pas trop mauvaises.
Nous avons visité les 9 villages jumelés au Panadougou en 4 jours, en particulier les 2 écoles construites par LACIM depuis 3 ans dans ce secteur. La dernière a été un véritable défi, car bâtie pendant les mois d'hivernage de juillet à septembre 2003. Néanmoins en octobre l'école ouvrait ses portes et 95 élèves étaient inscrits à notre passage dans la première classe. Bravo à Niantigui Dembélé et à Yoro Haïdara, autre permanent, resté sur place tout le temps des travaux. Dans cette région, les derniers projets concernaient l'achat d'attelages (2 bœufs, une charrue) permettant de cultiver plus de surface qu'avec la " daba ". Nous avons beaucoup insisté sur le remboursement que chacun devait effectuer auprès du comité de jumelage de leur village respectif afin que d'autres puissent bénéficier de la même aide. Les pluies favorables en 2003 doivent les aider en ce sens. 7 des 13 villages jumelés sont concernés par le dossier de création d'un CESCOM (Centre de santé communautaire).
Le retour vers Mopti s'est effectué par les falaises de Bandiagara avec quelques pourcentages impressionnants. Sur le plateau, de l'eau, donc beaucoup de petites parcelles cultivées, surtout d'oignons et d'échalotes.
Pour visiter 5 des villages sur la rive gauche du Niger, il a fallu emprunter le bac: c'est une région de rizières donc inondée longtemps et difficile d'accès. Tout est plat, pas ou peu d'arbres avec au delà des villages cachés sous des rôniers. Dans certains endroits pas de pistes et c'est un peu "à vue" que l'on circule en fonction de la couleur du sol. Cela ne nous a pas empêché de nous embourber. Ici les projets portent sur l'achat de décortiqueuses et le creusement de puits. A Songodé le nouveau puits couvert fait l'admiration de tous ; les femmes ont beaucoup contribué à sa construction.

Pour la fête religieuse du mouton, la Tabaski, nous avons effectué un aller-retour jusqu'à Bamako distant de 600 km de Mopti : on voyait des transports de moutons continuels, sur le toit des voitures, dans les camions, dans les soutes à bagages des cars.
Retour ensuite dans le cercle de Djenné où nous avons visité les derniers villages. Passage du Bani qui se jette dans le Niger à Mopti, par le bac, pour atteindre Djenné ville classée au patrimoine mondial. La mosquée en banco est impressionnante et dénote un savoir-faire ancestral. Pour accéder ensuite au village de Koroboro il a fallu emprunter une pirogue et finir à pied; le bras d'eau restant étant encore trop profond

 pour notre 4x4. Dans 2 des villages jumelés situés sur le Niger une épidémie de choléra s'était déclarée fin 2003 et avait fait des victimes. Le fait de boire de l'eau du fleuve ne doit pas améliorer les choses surtout en période de crues. Pendant la période de disette de l'année qui s'est terminée, l'état malien a dû intervenir et fournir du maïs pour que les villageois survivent.
La dernière semaine, j'ai accompagné André Josse dans le cercle de Kita à 200 km à l'ouest de Bamako. Cela m'a permis de découvrir de nouveaux villages et d'étudier d'autres actions. Les réussites sont un encouragement pour la suite bien qu'il y ait des difficultés pour mener à terme tous les projets. Quelques points importants vont être étudiés avec eux: l'alphabétisation des femmes, l'apprentissage de la culture maraîchère, l'accès à l'eau potable, en cas de mauvaise pluviométrie.
La création des communes en 1999 a entraîné une modification de la façon de travailler. Mais le travail en collaboration avec les municipalités a permis de réussir des projets plus importants. Après les élections de mai 2004, il sera nécessaire de prendre contact avec les nouvelles municipalités de la région pour étudier des projets ou envisager de nouveaux jumelages. Ce sera un des buts de ma prochaine mission début 2005 avec la mise sur pied du Grand comité à Mopti/Sévaré.

                             Gérard Verschoore, chargé de mission sur la région de Mopti, comité d'Eveux (69).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une année sabbatique solidaire :étape dans la commune de N’CIBA au Mali

Entre octobre 2007 et novembre 2008 j’ai voyagé 6 mois en Inde et au Népal, et 6 mois au Burkina Faso, Togo et Mali, avec l’idée de rencontrer des associations et de leur apporter mon soutien solidaire. Au Mali mon objectif était de rencontrer les communautés villageoises de N’Ciba où LACIM intervient en partenariat avec GAE Sahel, une association malienne.

Les réunions s’organisent sous le grand arbre, chez le chef de village, ou sous un auvent, avec des tabourets et des bancs. Les femmes portent des tenues colorées et des bijoux qui ne les quittent pas même pour aller travailler dans les champs en brousse. Elles ont souvent dans les bras un bébé accroché au sein ou endormi dans le dos. Les hommes arrivent fréquemment en retard en cette période active champêtre. Quelques enfants calmes observent et écoutent, quand ils ne sont pas chassés par les anciens. La population s’exprime en bambara, et Drissa ou Ousmane me traduisent. 

 

Je m’aperçois à quel point il est difficile pour les villageois d’avoir un avis sur de nouveaux projets à mettre en place : ils n’ont jamais été sollicités de la sorte. Ils adhèrent presque tous au projet de mettre en place des poulaillers familiaux ou semi-collectifs comme nouvelle activité génératrice de revenu. Lorsque j’interroge les hommes, ils répondent que les femmes peuvent gérer cette activité ; quand je pense aux multiples tâches qu’elles accomplissent déjà, je les trouve bien égoïstes. Levées avant 5h, elles ont en charge : l’éducation des enfants, la corvée de bois et d’eau, l’achat des condiments, la préparation des repas, l’entretien de la cour et du linge, le pilage des céréales et la préparation du beurre de karité, le séchage des légumes comme les gombos et le maïs, l’élevage des chèvres. En saison, elles aident les hommes à semer, désherber, aérer la terre, récolter les épis de maïs, de sorgho et de mil. Sans parler de celles qui entretiennent un jardin maraîcher parfois distant de 3 voir 6 km à pied et de celles qui font du petit commerce. Les femmes sont les piliers de l’Afrique : sans elles, les africains seraient perdus… L’alphabétisation a été bénéfique aux femmes : elles sont plus solidaires et plus entreprenantes, ce qui peut rendre certains hommes jaloux… 

Après quelques jours, je suis heureuse de voir les questionnaires que j’avais distribués revenir complétés par les villageois. Ce qui montre l’intérêt des femmes sur l’écrit et leur satisfaction d’être impliquée dans une action en amont de sa concrétisation. Elles ont répondu avec bonne volonté. En analysant les réponses, je peux relever leurs lacunes en calcul : elles n’ont pas toutes maîtrisé les opérations de base (soustraction, addition) et ont parfois peu de visibilité sur la rentabilité de leurs activités, même si elles se débrouillent pour rembourser à terme. 

En suivant l’idée d’André Josse sur la création de fiches pour permettre une continuation de l’apprentissage en alphabétisation, j’ai cherché à impliquer les femmes lors des réunions et par les questionnaires sur les thèmes à retenir, et je peux désormais commencer à élaborer des projets de fiches en respectant leurs souhaits. Belle expérience au sein de mon parcours solidaire. 

Délia QUERBOUËT, adhérente du comité Seine et Loing (77). 

Blog : www.deliaparcours.fr

Quelle était ma mission pour GAE SAHEL et LACIM ? 

Donner des idées sur de nouvelles AGR (activités génératrices de revenus), recenser les besoins des populations et les freins aux activités, évoquer le projet de mise en place d’une coopérative destinée à aider les paysans à mieux vendre leurs productions et à défendre leurs droits, rechercher et donner des conseils de jardinage, conceptualiser des fiches écrites sur des thèmes pratiques pour informer et continuer l’apprentissage en post-alphabétisation. Pour effectuer cette mission, j’ai prévu de rencontrer les populations. Il me faudra la collaboration des deux agronomes, Drissa et Ousmane, pour m’emmener dans les 11 villages et organiser des réunions, avec les hommes d’abord, puis les femmes seules, pour que chacun puisse s’exprimer librement. 

Délia QUERBOUËT

 

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