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Niger
: pauvreté et dénuement des villages de brousse |
Du
8 au 25 novembre, Janine Berlier membre du conseil d’administration
de LACIM et moi-même, membre du comité local d’Ambierle, nous
nous sommes rendus dans ce pays du 8 au 25 novembre 2005 avec pour
mission d’effectuer le suivi des activités de l’association. 17
villages ont été visités : Koria
Haoussa, Sambéra Alfa, Taguy, Zéno, Chitara 2, Garin Maigaskia,
Maïlo, Garin Mayodo, Dawan Marké, Gouati (qui n’est pas encore
jumelé mais c’est là où habite maintenant l’ancien
directeur de Dawan Marké), Matamey Bougagé, Daré, Aouki
Bougagé, Maigergui, Dan Malam, Garin Maoudé, Bangui Gourou
(ancien jumelage), Bari Baré.  Les
différentes régions du Niger Quel
choc pour moi qui découvrait la partie la plus déshéritée du
Niger, pays le plus pauvre de la planète, où au contraire des
environs d’Agadez, il n’y pas de tourisme ni ses
retombées. J’ai
pu constater la très grande pauvreté,
voire le dénuement des villages de brousse : la presque
totalité n’a pas l’électricité, 43% n’a pas accès à l’eau
potable, et dans beaucoup d’endroits sévit la
malnutrition. Les
premiers jours à Niamey ont
été consacrés d’une part à la préparation du programme de
la mission avec Mamane (permanent local), d’autre part à la
visite de l’hôpital qui, d’après
Janine, a évolué dans le bon sens depuis son dernier passage.
Nous avons visité également le dispensaire
de Koria Haoussa. Il lui a été donné, comme à tous ceux
que nous avons vu par la suite, divers produits pharmaceutiques
amenés de France. Situé à 60 km de la capitale, il a été
financé pour la construction par le comité local de Montbrison
et équipé par Emmaüs. 15 villages, soit environ 6200 habitants,
sont suivis par ce centre en pleine expansion qui, en plus des
soins habituels, s’occupe actuellement de 276 enfants dénutris
(l’UNICEF fournit les rations alimentaires spécifiques). C’est
le seul des 4 dispensaires de brousse visités, ayant l’électricité
fournie par des panneaux solaires. Le
séjour en brousse a
permis de faire le point des réalisations et des besoins de 17
villages situés de part et d’autre des 1000 km de route
séparant Niamey de Zinder. Beaucoup d’entre eux ne sont
accessibles qu’avec un véhicule tout terrain et avec l’aide d’un
ami de LACIM du secteur (souvent un instituteur) ou d’une
personne connaissant le chemin. Le
point sur les différents projets Nous
avons fait le point sur les projets terminés, en cours ou à
venir, avec les villageois toujours très accueillants même si 2
ou 3 fois ils étaient peu nombreux (jour de marché ou passage à
l’heure du travail aux champs). La plupart des puits
visités, dont celui construit en hommage à Mme CHARLAT à Garin
Maïgaskia, sont en cours de creusement ou en attente de
mise en eau. Les habitants, surtout les femmes, nous ont
manifesté leur grande satisfaction d’avoir un puits cimenté
avec une margelle et ne tarissant pas, à proximité de leurs
habitations. Beaucoup
de classes sont encore "sous paillote" d’où
des demandes de construction d’écoles
"en dur". Toutes les écoles construites par
LACIM dont celle de Dan Mallam (cf.
article de Beaumont) ont leurs équipements scolaires. La
reconstitution d’un cheptel de chèvres
est en bonne voie à Dawan Marké et Ouaki
Bougagé. Il faut voir la fierté des femmes avec leur
chèvre ! Les
rares moulins à mil installés
soulagent très sensiblement le travail des femmes; ce type d’équipement
a souvent été demandé au cours des visites. A Garin
Mayodo par exemple, le bénéfice réalisé a permis l’achat
de chèvres qui pourront être vendues si besoin, pour financer
les réparations du moulin. Les
banques céréalières mises en place
ne sont pas, d’après notre permanent, la panacée. Elles sont
difficiles à gérer dans la durée. Une simple boutique
villageoise peut combiner la vente d’objets ou de denrées de
première nécessité avec la constitution d’un stock tampon de
mil. L’alphabétisation
des adultes a été évoquée avec le maire très motivé
de Matamey. C’est une affaire à
suivre. « Des gouttes d’eau dans un océan de pauvreté »,
écrivait Mme CHARLAT, «mais les gouttes d’eau rajoutées les
unes aux autres ne font-elles pas les grandes rivières ?
». De
nouveaux villages ont sollicité l’aide de LACIM au cours de
notre périple; il reste à trouver des
groupes en France... Mon ressenti de cette mission, c’est
que LACIM au Niger ne fait pas de l’assistanat
mais intervient sur des projets précis, vérifiables et souvent
vitaux demandés par les villages, contribuant ainsi au
maintien de la population sur place. De nombreuses photos ont
été prises ainsi que des vidéos. Merci aux comités français
pour leur patience, car il y a un gros travail de montage à faire
avant de pouvoir les visionner. Robert
BEZIAUD, comité d’Ambierle (42)
2005
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