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Officiellement plus de 70 000 enfants travaillent dans l'état
du Tamil Nadu dont au moins un millier dans la restauration et
la boulangerie. Pourtant la loi interdit ou limite le travail
des enfants depuis 1986 et même depuis 1947 dans le secteur
de la restauration. Le programme gouvernemental prévoit
l'éradication du travail des enfants en 2005 pour les travaux
insalubres et dangereux et en 2007 pour les autres industries.
Qu'en est-il actuellement ?
Des lois
sans effet
Les sanctions prévues par les lois actuelles sont sans effet
ou inapplicables. Par exemple la loi de 1947 prévoit une
amende de 25 Roupies, extensible à 250 Rs en cas d'infraction
répétée (1€=50 Rs). Les employeurs ont tout intérêt à
payer les amendes étant donné que les enfants sont sous
payés, voire pas payés du tout.
La loi de 1986 prévoit des peines beaucoup plus sévères (20
000 Rs) mais implique l'étroite collaboration de plusieurs
ministères, ce qui est pratiquement impossible.
En vue de l'élimination future du travail des enfants, le
ministère du travail demande depuis 2002 un renforcement des
mesures coercitives (par exemple faire passer les amendes de
la loi de 1947 à respectivement 5 000 Rs et 50 000 Rs).
D'après les ONG il faudrait en fait un véritable changement
d'attitude des fonctionnaires chargés de ce domaine.
Plus de
filles que de garçons. Inégalité de traitement
Les organisateurs de la Campagne contre le travail des
Enfants au Tamil Nadu font état de chiffres bien plus
alarmants : plus de 400 000 enfants travailleraient dans le
seul secteur de l'agriculture, 45 000 dans le secteur
forestier et 11 000 comme domestiques. Selon cette
organisation, les garçons représentent 3,6 % de la main d'œuvre
masculine, alors que les filles constituent 7% de la main
d'œuvre féminine. Cette proportion est très variable selon
les districts, allant de 3% dans le Nilgiris jusqu'à plus de
10% dans le Dharmapuri. Les districts de Tirunelveri, de
Coimbatore et de Madurai se situent un peu au dessus de la
valeur moyenne. Bien sûr ces enfants ont quitté l'école
prématurément.
Il y a une différence marquée dans les tâches confiées aux
garçons et aux filles, celles-ci faisant les travaux les plus
bas et les plus salissants. En dehors de celles qui aident les
parents dans les travaux agricoles, de nombreuses filles sont
employées dans les usines d'allumettes, de cordages, de tapis
et de " beedis " (sortes de cigarettes). Elles
travaillent aussi comme bonnes à tout faire, ainsi qu'à
ramasser des chiffons et vendre des journaux. L'utilisation
prévaut dans les grandes villes. Elles représentent 94% des
enfants domestiques.
Des gamines de 5-6 ans travaillent jusqu'à 10 heures par
jour.
Selon une étude dans un village du Tirunelvi, 50% des
employés dans l'industrie des " beedis" ont
commencé le travail entre 5 et 10 ans et l'autre moitié sont
entrés dans l'industrie entre 11 et 15 ans. Environ 90% des
filles travaillant dans les fabriques d'allumettes ont moins
de 14 ans.
Un exemple de travail des enfants en Inde:
Des boutons de jasmin vendus pour quelques sceaux d'eau...
A Umblikaampatti (district de Salem) des enfants travaillent,
non pas pour un salaire, mais pour avoir de l'eau. Les Irulars
(tribaux) vivant au pied des collines de Shevaroy, ont bien
des difficultés dont la principale est le manque d'eau. De ce
fait des enfants ont dû ramasser des boutons de jasmin pour
avoir le droit d'emporter quelques seaux d'eau.
Une vingtaine d'enfants, entre 5 et 10 ans, sont réveillés
à 4H du matin. Ils vont aux fermes, menés par les plus
grands. Les petits sont derrière, suivis par les mères,
tantes et grand mères, transportant des pots et des seaux.
Jusqu'à 8H du matin ils ramassent les boutons de jasmin et
les mettent dans des récipients. Ils sont payés 1 à 2
roupies par jour soit en moyenne 15 roupies par semaine (7j
/7). Mais ce n'est pas pour l'argent qu'ils travaillent, mais
pour avoir de l'eau. Les propriétaires des jardins ont
expliqué clairement que les enfants devaient travailler pour
que les parents puissent prendre de l'eau aux pompes.
A leur retour les enfants vont à l'école, mais ils sont
déjà fatigués, d'autant que les pesticides répandus pour
les plantations leur donnent parfois des troubles. S'ils
s'asseyent pour se reposer, ils se font vite rappeler à
l'ordre.
Du fait des sécheresses à répétition, les puits sont vides
et les habitants sont littéralement assoiffés. Les femmes
parcourent des kilomètres pour remplir un pot d'eau potable.
La sécheresse est si forte que la plupart des familles n'ont
pu s'établir sur les terres qui leur ont été récemment
allouées. Ils ont fait, sans résultat, des appels répétés
aux administrations locales. Si les autorités apportaient de
l'eau, les enfants n'auraient pas besoin de travailler.
(D'après The Hindu du 30/11/2003).
Jean-Pierre Martin, comité
de Veneux les Sablons (77).
D'après différents articles parus dans la presse indienne
fin 2003.
LACIM infos N°6 septembre
2004
Loi
sur le travail des enfants
Une
nouvelle loi vient d’interdire le travail des enfants de
moins de 14 ans en Inde.
Dès
le mois d’octobre 2006 toute personne employant des enfants
dans les maisons, hôtels, restaurants seront passibles d’une
peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 2 ans et d’une
amende pouvant atteindre 424 dollars.
Cette
interdiction a été imposée par le Child Labour Prohibition
and Regulation Act créé en 1986.
Une
interdiction semblable avait été prise il y a 20 ans pour
tous les enfants travaillant dans des industries dangereuses.
Mais les contrôles sont rares et les lois ne sont pas
appliquées.
L’inde
compte 12,6 millions d’enfants qui travaillent. C’est le
pays qui en emploie le plus.
Souvent
ceux-ci travaillent pendant de très longues heures, ils font
des travaux dangereux qui affectent leur santé et leur
psychisme.
Tiré
de Libération du 04-08-2006,
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