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page mise à jour le:

06/10/2008

 

 

Le travail des enfants au Tamil Nadu en INDE : vers une éradication en 2007 ?

Officiellement plus de 70 000 enfants travaillent dans l'état du Tamil Nadu dont au moins un millier dans la restauration et la boulangerie. Pourtant la loi interdit ou limite le travail des enfants depuis 1986 et même depuis 1947 dans le secteur de la restauration. Le programme gouvernemental prévoit l'éradication du travail des enfants en 2005 pour les travaux insalubres et dangereux et en 2007 pour les autres industries. Qu'en est-il actuellement ?

 

Des lois sans effet
Les sanctions prévues par les lois actuelles sont sans effet ou inapplicables. Par exemple la loi de 1947 prévoit une amende de 25 Roupies, extensible à 250 Rs en cas d'infraction répétée (1€=50 Rs). Les employeurs ont tout intérêt à payer les amendes étant donné que les enfants sont sous payés, voire pas payés du tout.
La loi de 1986 prévoit des peines beaucoup plus sévères (20 000 Rs) mais implique l'étroite collaboration de plusieurs ministères, ce qui est pratiquement impossible.
En vue de l'élimination future du travail des enfants, le ministère du travail demande depuis 2002 un renforcement des mesures coercitives (par exemple faire passer les amendes de la loi de 1947 à respectivement 5 000 Rs et 50 000 Rs). D'après les ONG il faudrait en fait un véritable changement d'attitude des fonctionnaires chargés de ce domaine.

 

Plus de filles que de garçons. Inégalité de traitement
Les organisateurs de la Campagne contre le travail des Enfants au Tamil Nadu font état de chiffres bien plus alarmants : plus de 400 000 enfants travailleraient dans le seul secteur de l'agriculture, 45 000 dans le secteur forestier et 11 000 comme domestiques. Selon cette organisation, les garçons représentent 3,6 % de la main d'œuvre masculine, alors que les filles constituent 7% de la main d'œuvre féminine. Cette proportion est très variable selon les districts, allant de 3% dans le Nilgiris jusqu'à plus de 10% dans le Dharmapuri. Les districts de Tirunelveri, de Coimbatore et de Madurai se situent un peu au dessus de la valeur moyenne. Bien sûr ces enfants ont quitté l'école prématurément.
Il y a une différence marquée dans les tâches confiées aux garçons et aux filles, celles-ci faisant les travaux les plus bas et les plus salissants. En dehors de celles qui aident les parents dans les travaux agricoles, de nombreuses filles sont employées dans les usines d'allumettes, de cordages, de tapis et de " beedis " (sortes de cigarettes). Elles travaillent aussi comme bonnes à tout faire, ainsi qu'à ramasser des chiffons et vendre des journaux. L'utilisation prévaut dans les grandes villes. Elles représentent 94% des enfants domestiques.
Des gamines de 5-6 ans travaillent jusqu'à 10 heures par jour.
Selon une étude dans un village du Tirunelvi, 50% des employés dans l'industrie des " beedis" ont commencé le travail entre 5 et 10 ans et l'autre moitié sont entrés dans l'industrie entre 11 et 15 ans. Environ 90% des filles travaillant dans les fabriques d'allumettes ont moins de 14 ans
.


Un exemple de travail des enfants en Inde:
Des boutons de jasmin vendus pour quelques sceaux d'eau...

A Umblikaampatti (district de Salem) des enfants travaillent, non pas pour un salaire, mais pour avoir de l'eau. Les Irulars (tribaux) vivant au pied des collines de Shevaroy, ont bien des difficultés dont la principale est le manque d'eau. De ce fait des enfants ont dû ramasser des boutons de jasmin pour avoir le droit d'emporter quelques seaux d'eau.
Une vingtaine d'enfants, entre 5 et 10 ans, sont réveillés à 4H du matin. Ils vont aux fermes, menés par les plus grands. Les petits sont derrière, suivis par les mères, tantes et grand mères, transportant des pots et des seaux. Jusqu'à 8H du matin ils ramassent les boutons de jasmin et les mettent dans des récipients. Ils sont payés 1 à 2 roupies par jour soit en moyenne 15 roupies par semaine (7j /7). Mais ce n'est pas pour l'argent qu'ils travaillent, mais pour avoir de l'eau. Les propriétaires des jardins ont expliqué clairement que les enfants devaient travailler pour que les parents puissent prendre de l'eau aux pompes.
A leur retour les enfants vont à l'école, mais ils sont déjà fatigués, d'autant que les pesticides répandus pour les plantations leur donnent parfois des troubles. S'ils s'asseyent pour se reposer, ils se font vite rappeler à l'ordre.
Du fait des sécheresses à répétition, les puits sont vides et les habitants sont littéralement assoiffés. Les femmes parcourent des kilomètres pour remplir un pot d'eau potable. La sécheresse est si forte que la plupart des familles n'ont pu s'établir sur les terres qui leur ont été récemment allouées. Ils ont fait, sans résultat, des appels répétés aux administrations locales. Si les autorités apportaient de l'eau, les enfants n'auraient pas besoin de travailler. (D'après The Hindu du 30/11/2003).

                                                                                                                                Jean-Pierre Martin, comité de Veneux les Sablons (77).
                                                                                                               D'après différents articles parus dans la presse indienne fin 2003.

                                                                                                                                                                LACIM infos N°6 septembre 2004

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Loi sur le travail des enfants

 

Une nouvelle loi vient d’interdire le travail des enfants de moins de 14 ans en Inde.

Dès le mois d’octobre 2006 toute personne employant des enfants dans les maisons, hôtels, restaurants seront passibles d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 2 ans et d’une amende pouvant atteindre 424 dollars.

Cette interdiction a été imposée par le Child Labour Prohibition and Regulation Act créé en 1986.

Une interdiction semblable avait été prise il y a 20 ans pour tous les enfants travaillant dans des industries dangereuses. Mais les contrôles sont rares et les lois ne sont pas appliquées.

 

L’inde compte 12,6 millions d’enfants qui travaillent. C’est le pays qui en emploie le plus.

Souvent ceux-ci travaillent pendant de très longues heures, ils font des travaux dangereux qui affectent leur santé et leur psychisme.

 

Tiré de Libération du 04-08-2006,

 

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